Qui veut la peau du Foyer d’Olympe?

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Violences conjugales

L’association qui lutte contre les violences faites aux femmes a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Elle s’estime vic­time d’acharnement et rencontre de plus en plus de difficultés à exercer ses missions: l’accueil de femmes en souffrance.

La Seine-et-Marne ne serait pas assez grande pour deux associations qui accompagnent les victimes de violences intra­familiales ? C’est en tout cas le sentiment d’Alexandrine et Julia, les deux salariés du Foyer d’Olympe, une structure qui aide depuis 2019 les personnes victimes de tous les types de violences faites aux femmes, à travers le territoire.

Chasse aux sorcières ?

A l’origine, la structure avait justement été créée pour amé­liorer la prise en charge et éviter « une double agression » liée aux difficultés d’accompagne­ment. Pourtant, depuis quelques mois, les deux salariés estiment avoir de plus en plus de difficul­tés à faire leur travail. « Nous sommes victimes d’une chasse aux sorcières par des per­sonnes qui veulent nous voir fermer», soupçonnent-elles. Accusation de fraudes au chômage partiel, doutes sur l’activité de salariés, problème de communication de documents comptables : elles estiment être « accusées de tous les maux » et être « victimes d’un achar­nement» … notamment de la part du délégué départemen­tal aux droits des femmes et à l’égalité. S’estimant victimes

« d’obsession administra­tive » et « de dénonciations fallacieuses », elles ont dépo­sé ·plainte pour discrimination et dénonciation calomnieuse. Contactée, Béatrice Angelelli, la procureure de la République à Melun, confirme que la plainte a bien été transmise et que celle-ci est en cours. de traitement.
Selon nos informations, une plainte a un temps été déposée contre le Foyer d’Olympe, par une femme passée par la struc­ture, mais elle l’a retirée dans la foulée. Du côté des femmes accompagnées, les éloges ne manquent pas concernant l’as­sociation certaines évoquant même« une famille de subs­titution».
Depuis plusieurs mois, pour­tant, les deux salariées voient les portes se fermer et ont même perdu leur place au sein de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) – qui gère no­tamment le numéro d’urgence

39 19: Contactée, la structure confirme que le Foyer d’Olympe fait bien l’objet d’une suspension depuis l’été 2021. Interrogée sur le motif, l’association évoque « des difficultés » sans toute­fois préciser la nature de celles-ci, arguant d’une affaire interne sur laquelle elle ne peut s’exprimer. Leur principale crainte : la perte de leurs agréments qui signifie­rait la mort du Foyer d’Olympe, qui ne vit que grâce à des sub­ventions publiques et à des dons. Un audit a été diligenté par la Région – principal financeur de la structure -« notamment après une alerte des services préfec­toraux», détaille le document, concernant des « incertitudes sur la réalisation des projets, un manque de communica­tion de documents comp­tables» et un doute sur l’activité d’une salariée.
Les conclusions du document soulignent toutefois que « les éléments vérifiés [ … ] ne re­mettent pas en cause la réali­sation des actions[ … ] A l’ave­nir, l’organisme devra mieux structurer sa comptabilité[ … ] et poursuivre la réflexion sur son modèle économique pour le rendre moins dépendant des financements publics, ce qui lui permettrait de mieux calibrer sa croissance au re­gard de ses moyens. »
Tourner la page
Sollicitée, la préfecture de Seine-et-Marne annonce ne pas pouvoir s’exprimer sur le dossier en période de réserve électoral, mais précise qu’un lien constant est établi avec l’association. L’ins­titution indique toutefois que le délégué départemental aux droits des femmes et à l’éga­lité ne pourra pas répondre à nos questions. Ce dernier, qui assurait l’intérim, va quitter ses fonctions incessamment. Sylvie Coudre, bénévole de l’asso­ciation et élue à La Rochette, veut croire en un avenir positif : « Nous avons rencontré la préfète à l’égalité des chances et nos échanges ont été fructueux, souligne-t-elle. Il est temps de tourner la page de ces derniers mois et que l’association puisse réa­liser ce pour quoi elle a été créée : l’accompagnement des femmes en souffrance. »

Julien VAN CAEYSEELE

https://actu.fr/societe/seine-et-marne-qui-veut-la-peau-du-foyer-d-olympe_50134822.html